The Cape Jazz Quartet

Leur musique s’est développée longtemps avant que l’on puisse la qualifier. Le premier personnage emblématique reconnu dans le monde a certainement été « Dollar Brand » ou Abdullah Ibrahim, et l’album de la consécration serait « Manenberg », enregistré au milieu des années 70.
Mais la « jazzification » de leur chansons folks du Cap remonte à l’époque où les Klopes (ou Coons), des troupes de noceurs déguisés, paradaient dans les rues de Cape Town, notamment lors de la fête de Tweede Nuwe Jaar, pour participer aux différents concours liés à cet événement.

Avant que l’idée formatrice de ce groupe naisse, une compilation est sortie, regroupant un certain nombre d’enregistrements sous le nom de Cape Jazz. Au même moment, on pouvait observer la popularité croissante de musiciens « live » tels Basil Coetzee et Robbie Jansen, ainsi que de Sabenza et les Sons of Table Mountain.

Sur ce premier album figurent ces deux saxophonistes, le guitariste John Butler, Morris Goldberg, le Tony Schilder Trio, et bien d’autres. Il est composé de morceaux qui rappellent fortement les musiques traditionnelles de carnaval, tout en restant des compositions originales, montrant leur séparation de ce type de musique.

Plusieurs années passent, et une nouvelle formation se développe, avec un nouveau son. Les Goema Captains, dirigés par Mac Mc Kenzie, le Hilton Schilder Group et les Jansen’s Sons of Table Mountain se lancent avec succès. De nombreuses collaborations se forment entre les membres de ces différents groupes, menant à une composition riche et diverse.

Un second album naît ensuite, où l’on peut retrouver de nombreux arrangeurs et leaders de groupes de jazz de Cape Town, qui ont contribué ainsi à illustrer ce genre de musique.  On peut mentionner ici les collaborations de Merton Barrow, les Schilders et Winston Mankuku.

Le 3e album est sorti récemment et il est cette fois centré sur le thème du carnaval, appelé Goema.
Il a remporté un vif succès en Europe et au hit-parade européen dans la catégorie Musiques du monde.
Il est distribué en Afrique du Sud, en Allemagne et au Royaume-Uni, et sa sortie est imminente en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas et en France. C’est une immense percée pour cette musique qui n’avait pas été reconnue à sa juste valeur auparavant sur la scène internationale, notamment pour des raisons politiques et sociales.